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LE PARCOURS

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Née en Argentine, formée aux lettres et aux beaux-arts à Santa Fe, Lucila développe très tôt une pratique artistique traversée par la mémoire, le silence et la trace.
Son arrivée en France, au milieu des années 1970, marque le début d’un déplacement fondateur : changer de territoire, de langue, de lumière, tout en poursuivant une recherche intérieure déjà engagée.

Les premières années sont celles de la construction patiente d’un langage personnel.
L’œuvre s’élabore comme une écriture visuelle, attentive aux strates du temps, aux résonances intimes, à ce qui persiste plutôt qu’à ce qui s’impose. Très tôt, les expositions personnelles accompagnent cette recherche, non comme une finalité, mais comme des points d’ancrage dans un cheminement en devenir.

Cette période pose les bases d’un travail qui ne cherche ni l’effet ni la démonstration, mais une justesse profonde : un art de l’émergence, où chaque forme semble naître d’un seuil franchi.

Au fil des années, l’œuvre de Lucila s’approfondit dans une relation intime au temps intérieur.
Les formes se raréfient, les espaces se densifient, laissant place à une écriture plastique où le silence, la respiration et la lenteur deviennent essentiels.

Cette période est marquée par une attention particulière aux notions de palimpseste, de mémoire superposée, de traces invisibles.
Les titres des œuvres et des séries évoquent des passages, des miroirs, des rémanences : autant de tentatives pour saisir ce qui échappe, ce qui demeure après le passage.

Voyageant avec la lune, Lucila explore un territoire sensible, presque nocturne, où la création devient un acte d’écoute.
L’œuvre ne s’impose pas ; elle se révèle, dans un équilibre fragile entre présence et effacement.

Le travail de Lucila s’ouvre ensuite au dialogue avec l’autre, à la rencontre de cultures qui résonnent profondément avec sa recherche intérieure.
C’est dans ce contexte que s’inscrit un long et fidèle compagnonnage avec le Japon, devenu au fil du temps un axe majeur de son parcours.

Les échanges franco-japonais, les expositions régulières et les reconnaissances obtenues au Japon nourrissent l’œuvre sans jamais la détourner de son essence.
Ils renforcent au contraire une attention commune à la sobriété, à la profondeur, à la valeur du vide et du non-dit.

Alice et moi évoque ce passage vers l’altérité : entrer dans un autre monde sans se perdre, accepter le déplacement du regard, laisser l’œuvre se transformer au contact de l’ailleurs.
Un dialogue qui ne cesse d’enrichir la trajectoire artistique de Lucila.

Aujourd’hui, le travail de Lucila s’inscrit dans une continuité vivante, ouverte au monde.
Les projets récents témoignent d’une circulation internationale accrue, en Europe comme en Asie, sans rupture avec les fondations posées au fil des décennies.

L’œuvre poursuit son chemin avec la même exigence : lenteur, profondeur, fidélité à une recherche intérieure, tout en s’ouvrant à de nouveaux espaces de présentation et de rencontre.
Chaque exposition devient un moment de résonance, un point de contact entre une œuvre mûre et des regards contemporains.

Mundi n’est pas une conclusion, mais une respiration actuelle :
celle d’un travail toujours en mouvement, attentif au monde, sans jamais renoncer à son silence fondateur.

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